Technique des hydravions radiocommandés

Montage et calages (conception du safran)

Reproduction avec autorisation de l'auteur

Conception originale de Joël Sabrie

Site web de l'auteur : hydravions radiocommandés

Bien! Vous vous êtes fait une super paire de flotteurs, il suffit de les monter sur votre avion préféré.

Pour cela, il faut: Préparer le modèle, fabriquer les supports, monter et caler les flotteurs, monter et régler le gouvernail marin

LA PREPARATION DU MODELE

Le modèle doit être insubmersible, la radio noyée dans le silicone et toute la structure en béton étanche!

Non mais ça va pas!!!

Certaines précautions sont certes à prendre, mais il faut bien se dire que l'eau peut rentrer quelque soient les moyens mis en oeuvre. Il faut donc qu'elle puisse sortir.

Il faut donc bien veiller à ce que la cellule (bois) ne soit nulle part à nue, que l'entoilage soit bien collé et que la radio ne soit pas exposée ( si votre appareil possède des servos apparents comme l'on trouve beaucoup sur les petits gros, veillez à leur faire un cache les protégeant des projections d'eau).

Si l'appareil possède une aile haute, essayer de faire un beau joint au niveau du raccord avec le fuselage (voir méthode) car les projections d'eau arrivent à pénétrer à l'intérieur du fuselage et remplissent ce dernier, pour un aile basse, le problème est moins important car au contraire, le fameux liquide ressort par le raccord.

Flottes

Il faut noter que les projections d'eau se produisent surtout au taxiage et au déjaugeage, si vous avez fait de nombreux essais et que vous avez un doute sur l'étanchéité, il vaut mieux revenir, démonter et vérifier que l'eau ne soit pas rentrée. Si vous décollez avec de l'eau dans le fuselage, elle va partir à l'arrière de celui-ci et centrer l'appareil arrière. C'est le crash assuré.

Certains préconisent d'envelopper le récepteur et l'accumulateur dans un ballon de baudruche fermé avec des élastiques. C'est une bonne méthode pour éviter les grosses prises d'eau, par contre, cela retient la condensation qui se crée à l'intérieur et cela peut provoquer de l'oxydation. Si vous faites de même, il faut impérativement ouvrir le tout pour faire sécher régulièrement. Pour ma part, je ne protège jamais rien. Je considère qu'en fonctionnement normal, l'eau ne rentre pas (et je vérifie que ce soit bien le cas ), et que si le tout va à l'eau, irrémédiablement, il faudra faire sécher l'ensemble. C'est un choix.

Attention!

La cellule ne doit pas être construite avec de la colle blanche d'intérieur car cette dernière se ramollit avec l'humidité. Si c'est un modèle "ready to fly", essayez d'humidifier un collage de l'appareil accessible et vérifiez qu'il ne se décolle pas.

Si vous construisez votre avion vous même, avant entoilage, passez un coup de vernis ou de peinture sur l'ensemble de la cellule afin de bloquer les fibres du bois.

MONTAGE ET CALAGES

Aussi important que la construction des flotteurs, le montage de ceux ci sur le modèle doit répondre à certaines règles.

L'ECARTEMENT

L'écartement entre les deux flotteurs a une importance sur la stabilité du modèle sur l'eau.

Trop rapprochés et votre avion va prendre du gîte à la moindre vaguelette ou au moindre souffle de vent, trop écartés et le modèle a tendance à zigzaguer dès qu'il accélère, de plus, cela augmente les défauts créés en vol.

La moyenne des hydravions vus lors des meetings se situe aux environs de 25% de l'envergure et à priori, c'est une bonne base de départ. Mais cela peut varier. Par exemple, un avion haut sur train avec une grande surface latérale (par exemple un biplan), vous pouvez monter jusqu'à 30% de l'envergure (ceci étant quand même une limite haute).

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LA HAUTEUR.

Elle est simplement définie par l'hélice. Il faut que l'hélice passe au dessus du haut des flotteurs, c'est un minimum sinon elle ne va pas cesser de brasser de l'eau et faire caler le moteur. Attention, ne pas monter trop haut non plus car vous allez vous retrouver avec des problèmes d'instabilité sur l'eau, de plus, vous déportez du poids et de la traînée loin de l'axe du fuselage ce qui va perturber le vol. Je considère qu'il faut laisser environ le diamètre d'hélice divisé par 5 au minimum et par 2 au maximum. (ex.: une hélice 10x6, faire 10x2.54= 25.4cm de diamètre, 25.4 : 2 = 12.7 , 25.4 : 5 = 5.08 , Laisser entre 5 et 13 cm)

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LE CENTRAGE

La, il n'y a pas beaucoup de solutions, le redan doit se trouver légèrement en arrière du centre de gravité. En fait, l'idéal est de le placer au centre du ski des flotteurs. De plus, c'est facile à vérifier, il suffit de poser l'hydravion sur une table, il doit tenir droit, posé sur cette partie.

Une précaution toutefois, la modification peut perturber le centre de gravité du fait du poids rajouté (et pas toujours bien réparti). Notez bien le CG avant montage et celui après, il doit être identique, dans le cas contraire, plombez légèrement le bout des flotteurs.

LE CALAGE

Voici le point le plus important et aussi celui qui donne le plus de migraines.

La plupart du temps, on cale les flotteurs parallèles à l'aile et cela fonctionne parfaitement. Mais j'ai une théorie légèrement différente: J'aligne le stab avec le ski. Vous me direz que cela ne change pas grand chose, ce qui est vrai dans la plupart des cas.

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Mais il est apparu certains cas ou cela change beaucoup. L'important, c'est que ce réglage doit pouvoir être modifié au fur et à mesure des premiers essais, il faut donc prévoir les supports en conséquence.

LES SUPPORTS

Le plus simple comme base de montage est de remplacer les roues d'un avion par des flotteurs, ça vous fait déjà un point d'attache (le train étant déjà existant). Pour le reste, chacun y va de sa méthode, le modéliste étant par nature débrouillard. Ce qu'il faut à tout prix garder à l'esprit, c'est que les deux flotteurs doivent être strictement parallèles et ce, dans tous les sens et quels que soient les efforts prodigués sur chacun.

Flottes

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De plus, je rappelle qu'il est conseillé de réaliser les supports de façon à pouvoir régler le calage facilement.

L'idéal est de réaliser au départ un "catamaran" avec les deux flotteurs reliés à l'aide de tubes de carbone. C'est léger, solide et c'est un bon compromis entre flexible et rigide. Il faut solidifier les bouts des tubes pour ne pas qu'ils s'écrasent (voir méthode).

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Ensuite, vous adaptez votre train d'atterrissage sur cet ensemble avec des pontets classiques et en vous servant des renforts de bois dur ou de contre-plaqué des flotteurs. L'ensemble reste facilement amovible si vous voulez revenir sur piste. Voyez quelques photos de fixations vues au bord des étangs.Flottes

Il ne vous reste plus qu'à copier.

LE GOUVERNAIL MARIN

Le gouvernail marin se monte de deux façons, soit à l'arrière des flotteurs, soit sous la dérive. Sachez tout de même que dans les jours avec du vent faible, vous pouvez très bien taxier sans cet appendice supplémentaire, avec la dérive seule.

DERRIERE LE FLOTTEUR.

Flottes

Une solution qui est fort utilisée mais qui pourtant présente beaucoup d'inconvénients.

Déjà, il nécessite une tringlerie compliquée pour transmettre la commande.

Mais surtout, ils présentent une traînée dans l'eau importante, au moment le plus important du décollage, c'est à dire quand l'arrière s'abaisse pour donner de la portance. Bien souvent, il n'est monté que derrière un seul flotteur, ce qui est pire car la traînée n'est pas symétrique et peut faire embarquer l'appareil sur un côté.

Vous allez me dire que c'est la solution utilisée sur les grandeurs, c'est vrai, mais regardez bien, au moment du décollage, ils les remontent (ils sont articulés), c'est qu'il doit y avoir une raison.

Mais enfin, ça fonctionne dans la plupart des cas et c'est plus beau. Si vous choisissez cette solution, faites les fins et ps trop dépassants.

SOUS LA DERIVE

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C'est la solution que j'adopte régulièrement, car la plus simple. Une corde à piano est couplée à la dérive, soit en lui faisant un prolongement, soit en la fixant avec des dominos d'électricien à la CAP de la roulette de queue. Le tout reste réglable et souple, ce qui permet de ne pas le casser quand on le met à l'eau.

FlottesFlottes

Comme vous le constatez, je ne m'embête pas trop sur ce point.

Pour régler la hauteur, il faut que l'avion à l'arrêt sur l'eau, le safran doit venir effleurer la surface de l'élément liquide.De toute façon, lorsque vous allez accélérer, l'arrière va s'enfoncer et ce dernier va devenir efficace, mais il ne doit plus toucher l'eau lorsque l'appareil est sur le redan (sous peine de réactions violente), à cette vitesse la dérive suffit.

Il faut aussi éviter qu'il ne touche quand on tire pour décoller, c'est pourquoi je règle la hauteur sur une table, avion posé sur le redan, j'appuie pour venir faire toucher l'arrière du flotteur et j'ajuste la hauteur pour que le safran vienne toucher la table, par la suite, je l'abaisse éventuellement lors des essais. Facile, non?

Flottes

Bien, YAPUCA! (il n'y a plus qu'à). Il faut décoller, voler et poser et vous ferez partie de cette secte étrange des hydroaéromodélistes (pas sur que ce soit au dictionnaire, ça).

JOINT D'AILE

Recouvrir l'aile au niveau du raccord d'un film plastique fin (film alimentaire ou protection d'entoilage)

Dégraisser les parties du fuselage en contact avec l'aile

Faire un cordon de silicone sur les parties du fuselage qui seront en contact avec l'aile

Monter l'aile normalement en vérifiant que le silicone ne colle pas sur une partie non protégée par le film

Laisser sécher correctement

Une fois sec, couper le film plastique pour pouvoir démonter l'aile

Démonter l'aile, le film doit rester collé au silicone

Araser ensuite au cutter l'excédent de silicone

RENFORT DES TUBES DE CARBONE

Prendre un tube de carbone , exemple de Diamètre 4mm intérieur.

Prendre du jonc de fibre de verre ou de carbone ou de la barre d'alu rond de diamètre 4mm extérieur.

Se procurer du collant armé, ou du "scotch alu", ou tout autre collant solide qui ne peut pas s'étirer.

Couper les tubes de carbone à la longueur voulue (scie à métaux), les ébavurer.

Couper des morceaux de joncs, la longueur doit être égale à la largeur supérieure du flotteur. (la partie ou vous allez fixer le tube sur le flotteur).

Renforcer les bouts des tubes de carbone avec le scotch afin que le tube ne puisse pas s'éclater.

Vérifier que les bouts de jonc rentrent bien dans les tubes, ils doivent être un peu dur mais ne doivent pas forcer, au besoin, les passer à la toile émerie.

Encoller l'intérieur du tube à la résine époxy, présenter le jonc en bout puis enfoncer le d'un coup sec.

Laisser sécher.

Vous pouvez utiliser de la cyano, mais attention, si vous ratez, vous ne pouvez plus le récupérer

FlottesUne fois la colle sèche, vous pouvez retirer le scotch.

Introduction et explications des termes techniques

Conception des flotteurs

Techniques de vol sur flottes

Questions et réponses

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